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Les derniers instants du Titanic

Si comme moi vous aimez les histoires incroyable, je me suis penchée récemment sur plusieurs ouvrages qui relataient le naufrage du plus grand drame de la marine. Le plus extraordinaire dans ce tragique naufrage, est que l’on se demandera toujours, s’il est du ressort de la fatalité, ou de la bêtise et de l’orgueil incommensurables des hommes. De là, probablement, la fascination que nous ne ressentons rien qu’à son évocation ! Mais si l’on s’en tient au seul plan rationnel, il faut bien reconnaître, aussi effroyables soient-elles, que les pires catastrophes sont le plus souvent dues, plus à la négligence des hommes qu’à la fatalité ! La tragédie du Titanic est sur ce plan, si exemplaire, qu’on peut en faire un cas d’école. L’engrenage des non-décisions, des refus de prendre en compte la réalité et notamment, le danger que représentait la présence d’Icebergs, est si patent, qu’on se demande, en relisant l’histoire, si parfois, les hommes ne font pas tout leur possible pour qu’arrive l’accident, dont on dira par la suite, qu’il était écrit d’avance !

En matière d’irresponsabilité et d’entêtement criminel, le naufrage du Titanic qui fit, en cette nuit glaciale d’avril 1912, 1513 victimes, (seules 711 passagers sur 2224 purent être sauvés) est l’exemple du genre. Insubmersible, le navire ne l’était que dans la tête du commandant Edward J. Smith, (et pourtant, l’un des capitaines de vaisseau les plus expérimentés de l’époque sur l’Atlantique Nord !) et dans celle, (entichée de performances !), de Monsieur Bruce Ismay : président de la White Star Line, compagnie propriétaire du paquebot géant. A leur décharge, on peut cependant invoquer la foi qu’on avait en cette époque dans le progrès, et l’esprit de compétition qui animait tout l’équipage. Titanic, qui était déjà le plus beau navire, et le plus luxueux jamais construit, se devait aussi d’être le plus rapide !

Retour sur image Tout le monde se souvient du film culte qui relate ce premier et dernier voyage du navire. Rutilant de nouveauté, brillant comme seul, peut l’être un sou neuf, fier comme Artaban en personne, Titanic, parti de Southampton le 10 avril 1912, quitte à peine Queenstown en Irlande, le lendemain, que déjà, on signale sur son trajet nombre d’icebergs dérivant. Le 14 avril, plusieurs navires croisant dans la même région, signalent la présence de ces montagnes de glace flottantes, sans le moins du monde inquiéter l’équipage du paquebot. Le jour même de l’accident fatal, un avis provenant du Baltic est remis au commandant Smith, qui en fait part à Ismay, lequel glisse le télégramme dans sa poche, avant de l’oublier. Smith, prudent, décide quand même de naviguer légèrement plus au sud…

Une nuit calme

Il est 22 heures. Les riches passagers ont bien dîné, et les pauvres émigrants s’apprêtent à passer une énième nuit, dans la promiscuité de leurs quartiers surpeuplés. Dehors, la nuit est étincelante de clarté, la mer est d’huile, le ciel limpide : c’est une belle nuit étoilée, idéale pour une mort glaciale, mais infiniment… romantique !

La température avoisine 0°C. Le commandant Smith est parti se reposer, Lightoller le second, le remplace, et il est bientôt relevé par Murdoch, premier officier.

Une heure et demie plus tard, les vigies Fleet et Lee signalent un léger brouillard… Puis 10 minutes plus tard, un cri strident déchire la nuit, où ne résonnent que les flonflons du bal et les chuchotements des amoureux sur les ponts : « Iceberg, droit devant ! » Et ce n’est pas un glaçon : mais une montagne géante, dont la blancheur se détache sur la mer d’encre et profile, à moins de 500 mètres de distance, sa masse monstrueuse, haute de 30 mètres. Murdoch fait marche arrière toute, mais on n’arrête pas aussi facilement un paquebot qui file aussi vite…(environ 40 km/heure !) et la collision est inévitable.

Le baiser de la mort

Le paquebot, en fait, ne fait que frôler la glace, mais celle-ci est tranchante comme une puissante lame d’acier et déchire la coque sur tribord, qui se fend comme du papier ! Dès lors, le navire est condamné.

Il eut peut-être mieux valu une collision frontale…Mais avec des si, on refait l’histoire, et Dieu seul sait si l’on aurait pu, dans ce cas, sauver davantage de passagers. Certains le disent.

Quoiqu’il en soit, il est déjà trop tard pour Titanic, même si les passagers ne réalisent pas tout de suite que leur mort est imminente. Personne n’est effrayé, et pourtant, l’eau s’engouffre déjà par la proue, et ne mettra, au maximum, qu’une heure trente à entraîner l’insubmersible et orgueilleux paquebot de par le fond. Est-ce la fatalité ou la présomption des hommes qui le promit à un sort aussi tragique ?

L’Adieu final

Il est minuit, l’heure du drame : les premiers SOS sont envoyés, et 45 minutes plus tard, les fusées de détresse éclairent le ciel d’encre noire, pendant qu’imperturbable, l’orchestre continue de jouer… Il fera entendre sa dernière note à 2 h 17 ! Une minute avant que les lumières du Titanic se mettent à clignoter. A 2 h 18, elles s’éteindront définitivement, comme pour mieux souligner d’un ultime effet théâtral, le dernier souffle du paquebot géant, le plus raffiné et le plus luxueux jamais construit.

Entre temps, les matelots affalent le premier canot, prévu pour 65 personnes, mais seulement 28 passagers consentent à y prendre place.

Il faudra attendre presque que la proue disparaisse, pour que les passagers réalisent la catastrophe, mais ils n’auront plus le temps de s’inquiéter, car la poupe la suit de peu, et s’effondre deux minutes plus tard, avant de s’être redressée, comme un gigantesque mas suspendu en l’air, précipitant brusquement dans le vide des milliers de passagers ahuris ! Une chute qui les sauvera néanmoins de l’océan glacial. Il est 4 h 10, lorsque le Carpathia repêche les survivants du premier canot, et 8h 30 lorsqu’il récupère le dernier ! Le naufrage aura fait en cette sinistre nuit, quelques 1513 morts, qu’on aurait pu facilement éviter.

Depuis, le mythique navire de 269 mètres de long repose au fond des abysses sous-marines à 3750 mètres de profondeur. Disloqué, le navire déchiré en deux morceaux, repose sur un lit de sable et nargue les archéologues qui rêvent d’aller contempler ses restes. Sous-marins sonars, caméras vidéo-télécommandées lui font une cour assidue. Géologues, archéologues se précipitent à son chevet…

Renaissance

Au début de septembre 1985, une équipe de chercheurs d’épaves (française), débusque, vers 0h 48, devant leur écran…une chaudière ! Hypnotisée par cette découverte, l’équipe recueillie, sait que le Titanic ne peut être loin, même s’il faudra encore attendre pour le découvrir, et faire une visite plus approfondie des lieux. Les recherches se poursuivirent l’été suivant, et c’est en juillet 1986, que le sous-marin heurta un bossoir du canot N° 8, celui-là même dans lequel Mme Strauss refusa de monter pour accompagner son mari dans la mort. Une découverte hautement émouvante. « Nous avons eu le sentiment d’entendre les ponts grouiller de monde, racontent les chercheurs, comme si on pouvait encore entendre les cris des matelots : les femmes et les enfants d’abord ! » Les plongées suivantes permirent de découvrir des mobiliers de luxe et des objets personnels des voyageurs, reposant intacts sur leur linceul de sable. Le Titanic est aujourd’hui encore aussi émouvant, il est bien autre chose qu’un spectre de taule, il est devenu …une légende !

Des livres à lire

  • Au cœur du Titanic, par Ken Marschall, Robert Ballard. Casterman
  • L’exploration du Titanic, par Djana et Michel Pascal. Glénat Editions.

En prime, une dernière histoire d’amour, véridique, celle-là !

Mais 93 ans après le naufrage, des survivants arrivent encore à se faire entendre d’outre tombe, pour raconter les derniers instants du paquebot : Helen Churchill Candee et Edward A. Kent, passagers de première, sont tombés dans les bras l’un de l’autre. Mais ils ne savent pas encore qu’il sont des amants maudits.

A l’époque, Helen a 52 ans. Divorcée, écrivain féministe et forte femme au tempérament décidé, elle n’a pas l’intention de périr dans les eaux glacées de l’Atlantique. D’autant qu’elle vient de faire une rencontre amoureuse : Edward, 60 ans ! Il faut reconnaître que cet architecte américain était très chic et encore fort séduisant… Monté à bord à Cherbourg, le 10 avril, il regagnait sa ville natale de Buffalo et n’était pas davantage tenté par la noyade. Mais en vrai gentleman, il aide Helen à monter dans le canot de sauvetage N° 6 ! Celle- ci lui donne alors en témoignage d’amour, deux talismans : une flasque en argent et le camée de sa mère. Dans l’espoir qu’ils puissent lui porter chance. Hélas, le gentleman, resté sur le pont du navire pour secourir d’autres passagères, ne pourra plus monter à bord d’un dernier canot, et l’on repêchera son corps, avec, à l’intérieur de sa veste, les objets porte-bonheur, que l’on rendra à sa sœur Charlotte !

Celle-ci les renvoya en 1913, à Helen !

C’est la petite-fille de la rescapée qui, en mettant aux enchères en septembre 2005, ces objets témoins de la tragique histoire d’amour de sa grand-mère, révéla la belle histoire au public ! Emouvant, n’est-ce pas ?

Histoire d’icebergs

Mais le navire n’est pas le seul à être entré dans la légende : avec lui, les icebergs fascinent autant le public ! Ces monstres de glace qui, sous le soleil, étincellent, en lançant des reflets bleutés, sont fait d’eau douce glacée, et dérivent au gré des courants, après s’être détachés de leur glacier-mère.

Il faut savoir que seule, en effet, la banquise est constituée d’eau de mer salée.

Mais, vous demandez-vous sûrement : comment flottent-ils ? Tout simplement comme votre glaçon dans un long drink, car la glace, moins dense, est plus légère que l’eau ! Mais sur l’océan, ils représentent un véritable danger pour la navigation, car leur masse visible n’est rien, en comparaison de leur volume total, puisqu’on en voit en gros, qu’un petit huitième ! Le glaçon qui a signé la mort du Titanic, (dont les vigies ne virent que la pointe, haute de 30 mètres,) mesurait en fait, 250 mètres, une véritable colline de glace !

Que vaut la vanité des hommes, face à la nature ? Sans doute, est-il vain de se poser la question. Une consolation cependant : Titanic serait-il entré dans la légende, s’il était arrivé à bon port ?

Petit Quiz

  • Quels étaient les deux frères du Titanic ?
  • Quel fut le coût de la construction du paquebot ?
  • Combien coûtait l’aller simple ?
  • Quelle aurait dû être la durée du voyage Southampton-New-York ?

Réponses :

  • RMS Titanic fut lancé par la White Star en 1912, juste après l’Olympic (1911) et le Britannic (ancien nom : Gigantic) le suivit en 1914.
  • Coût : $ 7 500 000 de l’époque, ($ 450 000 000 aujourd’hui)
  • $ 3 300 ($ 50 000 aujourd’hui).
  • 5 jours.

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