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La Guadeloupe en Juillet !

Impressions (mitigées) de retour de vacances. Certes, on a eu beau temps et chaleur, alors qu’ici, paraît-il, on se les gelait ! Et si vous connaissez la Guadeloupe, n’hésitez pas à apporter vos lumières, et commentaires.

En attendant la pluie !

Terre brûlée, végétation rabougrie, Juillet n’est pas la saison idéale, pour les amateurs de nature exotique, verdoyante et luxuriante. Le golf de Saint- François avait l’air d’un paillasson. Il fallait se rendre sur Basse-Terre, pour trouver encore un peu de verdure, mais même au-dessus de la baie de Grande Anse, on voyait que la colline commençait à tirer la langue ! On sentait la soif partout, et que toute la nature attend désespérément les pluies promises par l’arrivée de la saison humide, après une saison sèche, incroyablement sèche, justement ! Les pauvres vaches, dans les champs rapés comme une queue de bique, tiraient sur leurs cordes, pour trouver leur pitance, c’était triste. Même les flamboyants semblaient en avoir assez de flamboyer tout seuls, après avoir perdu jusqu’à leur dernière feuille !

Côté température, il a fait chaud ! Un peu trop pour moi, même si on trouve toujours un petit vent, qui vient bien à propos vous rafraîchir ! Côté touristes, ce n’est pas la saison, faut s’y faire, donc pour l’ambiance, c’était un peu vide. Mais pour la tranquillité, c’était idéal. Nous avons apprécié l’immense piscine de l’hôtel de la Cocoteraie, rien que pour nous, et la gentillesse du personnel, entièrement à notre disposition. Ainsi que le délicieux petit restaurant, avec sa terrasse donnant sur la plage. Merveilleux ! La petite plage, au bout de la Marina de Saint-François était quasi déserte, mais ce n’était pas un mal, car celle de Saint-Anne, que nous apprécions en automne, était-elle, par contre, bondée des Antillais en vacances ! Inutile d’approcher, donc ! Sauf, si l’on vient à pied.

Un pied de nez à l’environnement

Et puis, il faut aimer les tas d’ordures laissés en plein air, négligemment rassemblés de l’autre côté du parking, les bouteilles plastique vides, qui attendent un improbable service municipal, probablement en grève, comme d’habitude. Ah, il faut l’aimer la Guadeloupe, pour supporter un tel laxisme, indigne d’une station aussi touristique !

Autre petite déception, heureusement bien vite oubliée : la disparition de la paillote de la Pointe des Châteaux, où l’on pouvait, le vendredi soir, à la nuit tombée, zouker et déguster de délicieuses langoustes à la sauce chien, les pieds dans le sable. Emportée par la fougue des Protecteurs du site naturel ! Elle était pourtant bien cachée, et ne gênait nullement le point de vue. Mais l’administration a des raisons, qui n’ont rien à voir avec la satisfaction des touristes. Les vendeurs à la sauvette, qui proposent leurs pacotilles qui volent au vent, et dont le paysage lui, se passerait fort bien, eux ont toujours le droit d’être là. Allez comprendre ! D’autant qu’en Guadeloupe, les paysages savent fort bien relativiser leurs prétentions, avec des bidonvilles qui n’ont pas peur de s’aventurer jusque sur le bord de mer, et même, le long de la digue promenade, comme à Port-Louis ! Mais de cela, personne ici, ne s’offusque !

Racisme, quand tu nous tiens !

C’est que, si la Guadeloupe est la France, c’est une “autre” France, perdue de l’autre côté de l’Océan ! Une France, en fait, plus antillaise que française, donc quand même, pas “tout à fait” la France ! D’ailleurs, on s’en aperçoit, bien que ce soit un drôle de sentiment qui n’ose pas s’afficher. Certes, j’adore les Antillais qui me le rendent bien, ils/elles, (surtout, les jeunes !), sont souriants, aimables, gentils, drôles, taquins, beaux à regarder, coquets, en un mot comme en cent : charmants !

Et pourtant, il flotte ici, comme un horrible fumet de racisme antiblanc, une odeur d’égout, comme celle, (bien réelle aussi !), qui flottait sur la Marina et qui ne vous donne pas l’envie de vous éterniser ! Ni même, de s’enraciner ! C’est difficile à cerner. Car j’ai trouvé les personnels, à notre hôtel, très aimables, beaucoup plus aimables que les mêmes en Métropole, et que les touristes métropolitains, toujours aussi gracieux et mal embouchés. En tout cas, ce sentiment a un fumet si malodorant qu’il arriverait, je crois, à nous dégoutter de la Guadeloupe, à la longue ! On a l’impression que si le Guadeloupéen est français en Métropole, en tout cas, une chose est sûre : le Français ne peut, en aucun cas, se sentir Guadeloupéen, en Guadeloupe ! Toléré, c’est tout. Un peu comme en Corse, en somme.

C’est une chose que je n’arrive pas à comprendre. Si quelqu’un me lit, et peut m’expliquer ce phénomène, qu’il ne se gêne pas, cela éclairerait ma lanterne ! Une vendeuse d’un magasin de sacs et valises, dans la galerie Cora, blanche et mariée à un Antillais, m’a dit qu’il s’agissait de pur racisme, de détestation pure et simple du “blanc,” à cause de l’esclavage. Moi, je trouve que c’est fort de café. Mes aïeux à moi, avaient beau être blancs, (du moins, je crois), en tout cas, cela ne les a pas empêchés de servir d’esclaves à la caste des possédants de l’époque, bourgeois et autres aristos ! Si l’on se déteste aujourd’hui, à cause du statut social de nos aïeux, on n’en n’a pas fini de se haïr ! En tout cas, j’ignore si je suis la seule à ressentir cette impression, mais cela m’étonnerait.

Un pays de contradictions

Il y a en effet, des contradictions étonnantes, dans ce pays de soleil, de plages et de mer, où la nature est si belle, qu’on n’arrive pas à concevoir pourquoi, il semble à ce point rétif au tourisme, à la modernité, à la préservation de l’environnement, et à la propreté ! Bien qu’il ait tous les atouts pour développer une industrie touristique de pointe. Vous voulez un exemple ? Juste derrière notre hôtel, se dressaient les ruines de l’ancien hôtel Méridien ! Alors que le site est magnifique, et que chaque jour d’abandon représente un manque à gagner incroyable, pour ceux qui pourraient exploiter l’endroit et offrir des emplois ! On accède à la petite plage, par un sentier sauvage, en friche. Idem, pour les anciens bâtiments du club Med, sur Basse-Terre : abandonnés sur une côte splendide, bordée de plages idylliques.

On a le sentiment d’une terre complètement à côté de ses pompes, qui vit à la remorque de la Métropole, c’est à dire plus prosaïquement, à ses crochets, tout en lui crachant dessus. Au mieux, qui la supporte, pour les avantages sociaux : l’argent “braguette” ! Mais qui ne manifeste aucune motivation sérieuse à se développer, et à tirer parti de ses atouts. Certes, on voit des entreprises et des maisons neuves sortir de terre, bien que les prix de l’immobilier explosent de manière absurde. Mais les travailleurs les plus motivés restent les émigrés haïtiens. Et les maisons, même dans des stations balnéaires comme Saint-François, où les prix des terrains sont pourtant prohibitifs, (les mêmes qu’à Paris ou sur la côte d’Azur), restent à l’abandon, presque à l’état de taudis. Les friches sont légion, les trottoirs, inexistants, tout comme les infrastructures modernes, dignes d’une cité française moyenne. Quant aux services municipaux, ils sont moyenâgeux. C’est un paradoxe total ! On se croirait dans un pays du tiers monde ! Et encore… Au Costa Rica, au moins sur la côte pacifique, il y a un semblant de modernité ! Ici, à six heures, (sept heures, en été), la nuit tombe et il n’y a strictement plus rien à voir ou à faire, dehors. Sauf, à se préparer pour aller au restaurant ! Et lorsque vous vous renseignez sur le prix éventuel d’une friche : on vous annonce les mêmes qu’à Neuilly ! C’est scandaleux, parce qu’à Neuilly, y a des trottoirs, un éclairage public, des services modernes, des commerces, des vitrines, une vie agréable, en dehors de chez soi, et un environnement propre et soigné. Rien de tel ici. Il n’y a rien à comprendre ! On repart de Guadeloupe, avec un immense point d’interrogation dans la tête. Et l’on vous dit que c’est la France ! Bizarre, bizarre…. Même si, personnellement, j’aimerai bien y retourner !

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