Longtemps associé aux soins anti-âge et à la beauté de la peau, le collagène s’invite désormais dans les routines des sportifs. Coureurs, adeptes de musculation, amateurs de fitness… Tous s’intéressent de plus en plus à cette protéine naturellement présente dans notre organisme. Mais que peut-elle réellement apporter à la récupération sportive ? Entre tendances nutritionnelles, confort articulaire et études scientifiques, j’ai voulu comprendre ce qui se cache derrière cet engouement.
Le collagène, cette protéine dont les sportifs parlent de plus en plus
Quand on évoque la nutrition sportive, on pense immédiatement aux protéines, au magnésium ou à la créatine. Pourtant, un autre ingrédient attire progressivement l’attention : le collagène. Et plus particulièrement le collagene marin français, apprécié pour sa traçabilité et ses formulations à base de peptides hydrolysés. L’intérêt ? Accompagner les sportifs qui souhaitent prendre soin de leurs articulations, de leurs tendons et de leurs ligaments.
Il faut dire que notre corps contient naturellement une quantité importante de collagène. Cette protéine structurelle participe à la résistance et à la souplesse de nombreux tissus. On la retrouve dans la peau, bien sûr, mais également dans les cartilages, les os et les tendons.
Or, lorsqu’on pratique régulièrement une activité physique, ces structures sont particulièrement sollicitées. Les mouvements répétés, les impacts au sol ou les exercices avec charges imposent des contraintes mécaniques auxquelles l’organisme doit s’adapter.
C’est précisément cette dimension qui intéresse aujourd’hui les spécialistes de la nutrition sportive : le collagène pourrait-il contribuer à une meilleure adaptation des tissus conjonctifs à l’entraînement ?
Récupération sportive : que dit réellement la science ?
Soyons clairs : le collagène n’est pas une solution miracle capable d’effacer les courbatures après une séance intense. En revanche, plusieurs travaux scientifiques suggèrent des effets intéressants, notamment sur les tendons et certains paramètres de récupération.
Une méta-analyse publiée en 2024 dans la revue Sports Medicine s’est intéressée aux effets d’une supplémentation en peptides de collagène associée à l’entraînement physique.
Les chercheurs ont analysé 19 études regroupant 768 participants. Leurs résultats suggèrent des améliorations de certains paramètres, notamment la masse maigre, la force maximale et la morphologie des tendons.
Un résultat intéressant concerne la récupération de la force réactive 48 heures après un exercice ayant provoqué des dommages musculaires. En revanche, aucun effet n’a été observé sur les courbatures.
Mais attention à ne pas transformer ces observations en promesses excessives. Les auteurs soulignent que le niveau de certitude des preuves va de très faible (morphologie des tendons) à modéré (masse maigre) selon les critères étudiés. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires pour confirmer ces bénéfices et mieux identifier les sportifs susceptibles d’en profiter.
Une revue scientifique plus récente, consacrée spécifiquement aux tendons, apporte également des éléments encourageants concernant leur adaptation à l’entraînement. Elle ne montre toutefois pas de bénéfice supplémentaire sur la force musculaire.
Autrement dit, les résultats sur la force musculaire divergent selon les revues, alors que les données sur l’adaptation des tendons semblent plus cohérentes.
Pourquoi le collagène marin attire-t-il autant les sportifs ?
Toutes les protéines n’ont pas exactement la même composition. Le collagène se distingue notamment par sa richesse en glycine, proline et hydroxyproline, des acides aminés particulièrement présents dans les tissus conjonctifs.
Le collagène marin provient principalement de matières premières issues du poisson. Lorsqu’il est hydrolysé, ses longues chaînes protéiques sont fractionnées en peptides plus petits, qui peuvent être digérés et absorbés.
Tous les collagènes ne se valent pas pour autant. Le type I est le principal constituant des tendons et des os, le type II celui des cartilages. L’origine de la matière première, le procédé d’hydrolyse et la taille des peptides obtenus (exprimée en daltons) influencent aussi la nature des peptides qui passent dans la circulation. Une petite étude publiée en 2024 a par exemple observé des profils différents selon que le collagène provenait de poisson, de porc ou de bœuf. Ces différences se traduisent-elles par des effets différents sur les tissus ? Pour les chercheurs, la question reste ouverte.
Son succès repose sur plusieurs facteurs : la facilité d’utilisation des poudres, l’intérêt grandissant pour la santé articulaire et la possibilité de connaître précisément l’origine des ingrédients.
Certaines marques développent des formulations combinant différents types de collagène. C’est notamment le cas de Nutri&Co, entreprise française qui propose une association de collagènes marins brevetés de types I, II et III.
Sa formule réunit les actifs brevetés Naticol® (collagène de types I et III issu de peaux de poisson, d’un poids moléculaire moyen d’environ 2 000 Da) et Cartidyss® (type II, issu de cartilage de raie). Elle contient également de la vitamine C, qui contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale des cartilages et des os.
J’apprécie particulièrement l’idée de pouvoir consulter l’origine des matières premières et la composition détaillée d’un complément. Dans un secteur où les arguments marketing sont parfois plus impressionnants que les preuves scientifiques, la transparence reste un véritable critère de choix.
Cela ne signifie pas pour autant que toutes les formulations produisent les mêmes effets : les résultats des études dépendent notamment des ingrédients, des doses utilisées et des populations étudiées.
Course à pied, musculation, fitness : quels sportifs peuvent être intéressés ?
Un marathonien et une adepte de Pilates n’imposent évidemment pas les mêmes contraintes à leur organisme. Pourtant, la question de la récupération concerne presque toutes les disciplines.
En course à pied, les tendons et les articulations absorbent des milliers d’impacts. En musculation, les charges répétées sollicitent fortement les structures musculotendineuses. Quant aux sports collectifs, ils multiplient les accélérations, les changements de direction et les sauts.
Le collagène fait donc l’objet d’un intérêt particulier dans les disciplines où les contraintes mécaniques sont importantes.
Pour autant, il ne faut pas confondre supplémentation et prévention garantie des blessures. Aucune poudre ne pourra compenser un entraînement mal adapté, un manque de récupération ou une augmentation trop brutale des charges.
C’est d’ailleurs un point que j’avais déjà abordé en m’intéressant à l’intérêt des vêtements de compression pour le sport : les accessoires et les solutions complémentaires peuvent avoir leur place, mais ils doivent s’intégrer dans une approche globale.
Comment intégrer le collagène à sa routine sportive ?
La première question à se poser n’est pas forcément de savoir quel complément acheter, mais plutôt pourquoi on souhaite en prendre.
S’agit-il d’accompagner une pratique sportive régulière ? De porter une attention particulière à son confort articulaire ? Ou simplement de suivre une tendance aperçue sur les réseaux sociaux ?
Les études consacrées au collagène utilisent des protocoles assez différents, avec des doses quotidiennes qui varient généralement de plusieurs grammes à plusieurs dizaines de grammes selon les objectifs étudiés.
Les études consacrées au collagène utilisent des protocoles très variés : de 3 à 30 g par jour selon les essais, 15 g étant la dose la plus fréquente, généralement pendant au moins huit semaines. Mais la quantité seule ne suffit pas à comparer deux produits. Chaque essai teste un ingrédient précis, avec son type de collagène, son origine et la taille de ses peptides, et certains peptides spécifiques ont été étudiés chez des sportifs à 5 g par jour. Les auteurs de la méta-analyse de 2024 le reconnaissent d’ailleurs : la dose et la composition optimales restent à déterminer.
Le plus raisonnable est donc de regarder précisément ce que contient un complément et de respecter les recommandations du fabricant, plutôt que de reproduire au hasard un protocole scientifique. En cas de douleur articulaire persistante ou de blessure, un avis médical reste indispensable.
La durée compte également. Les adaptations des tissus conjonctifs prennent du temps, et la majorité des recherches s’intéressent à des supplémentations répétées pendant plusieurs semaines.
Autre point important : le collagène n’est pas une protéine complète au même titre que les œufs ou certaines protéines laitières. Il ne doit donc pas remplacer les sources habituelles de protéines nécessaires à l’entretien et au développement musculaire.
Le sommeil et l’alimentation restent les meilleurs alliés de la récupération
Voilà un détail qu’on oublie parfois lorsqu’on découvre un nouveau complément alimentaire : la récupération commence bien avant l’ouverture d’un pot de poudre.
Le sommeil permet à l’organisme de récupérer des efforts de la journée. Une alimentation équilibrée fournit l’énergie et les nutriments nécessaires à l’adaptation musculaire. Quant à l’hydratation, elle participe au bon fonctionnement physiologique pendant et après l’exercice.
Sans oublier la progressivité des entraînements et les journées de repos, particulièrement importantes lorsqu’on reprend une activité physique.
Sur ce point, les conseils d’un professionnel peuvent être précieux. J’en parlais notamment dans mon article consacré au coaching sportif à domicile, où l’importance d’un programme adapté à son niveau occupe une place centrale.
À mes yeux, c’est dans cette logique que les compléments alimentaires peuvent trouver leur utilité : non pas comme des raccourcis vers la performance, mais comme des outils supplémentaires lorsque leur usage répond à un besoin identifié.
Collagène et sport : une tendance qui mérite d’être suivie
Le collagène marin illustre assez bien l’évolution de notre rapport au sport. On ne cherche plus uniquement à courir plus vite, à soulever plus lourd ou à améliorer son apparence. On s’intéresse davantage à la mobilité, à la récupération et à la possibilité de rester actif durablement.
Les recherches scientifiques apportent des premiers résultats encourageants, particulièrement concernant l’adaptation des tendons. Mais elles rappellent aussi une règle essentielle : un résultat prometteur ne constitue pas une preuve définitive d’efficacité pour tous les sportifs.
Mon sentiment ? Le collagène mérite sa place parmi les sujets sérieux de la nutrition sportive, à condition de conserver un regard critique sur les promesses qui l’accompagnent.
Et finalement, prendre soin de ses articulations, respecter ses limites et privilégier la régularité, c’est peut-être déjà une excellente manière de progresser.
Sources
- Bischof K., Moitzi A.M., Stafilidis S., König D. (2024), Impact of Collagen Peptide Supplementation in Combination with Long-Term Physical Training on Strength, Musculotendinous Remodeling, Functional Recovery, and Body Composition in Healthy Adults: A Systematic Review with Meta-analysis, Sports Medicine. DOI : 10.1007/s40279-024-02079-0
- Buchalski A., Jeanfavre M., Leff G., Altorelli C. (2026), Collagen Supplementation on Tendon-Related Structural and Performance Outcomes: A Systematic Review, Journal of Functional Morphology and Kinesiology, 11(1):130. DOI : 10.3390/jfmk11010130
- Zdzieblik D., Oesser S., Gollhofer A., König D. (2017), Improvement of activity-related knee joint discomfort following supplementation of specific collagen peptides, Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism, 42(6):588-595
- Virgilio N. et al. (2024), Absorption of bioactive peptides following collagen hydrolysate intake: a randomized, double-blind crossover study in healthy individuals, Frontiers in Nutrition, 11:1416643
- Nutri&Co, fiche produit « Collagène Marin » : https://nutriandco.com/fr/produits/collagene





[…] collagène marin ou bovin est souvent disponible en poudre ou en gélules. Au moment du choix, il vous faudra donc départager entre ces deux types de produits, et ce, en […]
[…] dans la reconstitution des articulations et du cartilage. Par conséquent, cela empêche l’apparition des douleurs articulaires et des troubles liés à la démarche ou à la posture. La prise de compléments alimentaires à […]