Préambule à la fabrication du vin

Les vendanges 2019 sont maintenant terminées mais les foires aux vins battent leur plein, en particulier à Auxerre chez Cora, ce qui signifie que le vin est, en ce moment, dans toutes les bouches, au propre comme au figuré, qu’on le boive comme il se doit, ou qu’on en parle.

Et si ses qualités présumées ou avérées sont dans toutes les conversations, une autre donnée s’avère elle aussi, incontournable, au moment où nous nous apprêtons à remplir nos caves : son prix !

Le prix du nectar !

Bien sûr, ce dernier varie beaucoup en fonction de l’offre et de la demande. Plus un vin est divin, plus il est reconnu de par le monde, plus son marché potentiel est vaste, plus la demande sera importante, et plus son prix sera élevé et ce, d’autant plus qu’il se fera rare, en regard du nombre de consommateurs, susceptibles de l’acheter en France et dans le monde. C’est mathématique !

Ce qui explique pourquoi, en plus de son travail de cultivateur et de vinificateur, le vigneron “propriétaire- récoltant” (qui vend son vin en bouteille à la propriété,) devra, non seulement commercialiser sa production, mais aussi, en assurer la promotion ! Ce qui lui fera une charge de travail non négligeable. Il est normal que nous la retrouvions au final, dans le prix de la bouteille ! Au fait, s’il arrive que des marchands fassent des promos, demander à ce que le vigneron casse systématiquement ses prix, pour vous offrir toute l’année, de bonne “occases”, c’est (ne l’oubliez pas !), lui demander de vivre, lui aussi, au rabais !

Pas de baguette magique

Mais, pour mieux comprendre encore le prix du vin, (qu’il soit Grand, petit, d’AOC, vin de table courant, ou grand cru recherché), encore faut-il ne rien ignorer du travail quotidien du vigneron, qui malgré tout, est le même, quel que soit le terroir ou la couleur du vin, même s’il peut différer d’une région à l’autre, sur la manière de faire. Et là, vous allez voir que notre ami vigneron ne chôme pas, et qu’il aura bien gagné en fin de parcours, (ses bouteilles, enfin !… Vendues), les quelques sous qui lui resteront, une fois payées taxes, cotisations sociales, charges etc… Alors, compagnons, accrochez vos ceintures, car nous allons partir, au fil des jours dans ce journal, à la découverte d’un monde, dont la plupart des consommateurs, à moins d’être fils ou fille de vigneron, ignorent (presque !) tout. Revenez demain et après-demain, lire ce feuilleton qui nécessitera de nombreux articles, pour tout comprendre.

Petite discrétion

Mais avant de commencer, permettez-moi une discrétion. Petite, j’adorais les parcs parisiens, où maman nous emmenait jouer, et je rêvais d’avoir un jour, un jardin, à moi toute seule. Tant que je fus parisienne, ce rêve resta inaccessible, mais il se réalisa, le jour béni où j’arrivai dans l’Yonne ! Autour de la maison que je venais d’acquérir, il y avait en effet un vaste terrain en friche, où j’imaginais déjà voir s’épanouir les plus belles fleurs, et les plus grands arbres.

Du rêve à la réalité

Je demandais à un pépiniériste de dessiner les contours de mon futur paradis et c’est là que j’ai appris la dure réalité des choses.

Dans ma tête de parisienne, le jardin se suffisait à lui-même, poussait tout seul et dessinait également seul ce lieu béni, peigné, d’une propreté éclatante où, enfant, j’adorais me prélasser. Adulte, devant mon jardin tout neuf, je découvris qu’il n’en était rien, qu’il fallait d’abord apprendre le minimum de savoir-faire, et les règles de l’art. Puis, qu’il fallait planter, arroser, traiter, nourrir, ôter feuilles mortes et herbes folles, bref, continuellement veiller au grain ! Et puis, sans relâche, surveiller mon jardin, comme le lait sur le feu, pour qu’il ne pousse pas n’importe comment ! Et, tiens, que cela exigeait un travail assidu et quotidien, dont enfant, j’ignorais tout : faute de connaissance et d’expérience ! Faute surtout, d’avoir jamais vu à l’œuvre l’armée de jardiniers qui, dès mâtine, arrive au parc, avec tout un attirail d’instruments barbares : râteaux, pelles, brouettes, sécateurs, etc…Pour que, à l’ouverture des grilles, les mamans puissent, en leurs escarpins vernis, fouler une allée ratissée, et leurs bambins, s’ébattre dans un parc en tout point magnifique !

De cette découverte, j’ai tiré un enseignement

Nous sommes le plus souvent totalement ignorants de ce qui nous permet de jouir d’une belle chose, et surtout des conditions qui lui ont permis d’arriver jusqu’à nous, avec toutes ses qualités. Souvent, nous mégotons sur son prix, et croyons que nous nous faisons avoir, parce que nous ne voyons que la somme durement gagnée, qu’il va nous falloir sortir de notre porte-monnaie. Mais nous ne voyons pas le travail que d’autres ont dû fournir, pour que nous puissions en jouir !

La morale de cette histoire

Voilà où je voulais arriver avec ma discrétion ! Tout ça, pour vous dire que la prochaine fois que vous achèterez une bouteille de vin, pensez-y : derrière le prix, se cache un travail inouï, incroyable pour nous gens de la ville, que nous allons découvrir peu à peu, dans ce journal.

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